Peur blanche aux États-Unis, par Richard Keiser (Le Monde diplomatique, septembre 2020)
A partir de la seconde guerre mondiale, la « grande migration » des Afro-Américains du Sud vers les villes industrielles du Nord et du Midwest avait provoqué une « fuite des Blancs ». Ils préféraient céder en vitesse leur patrimoine immobilier, par souci de rester entre eux et par crainte qu’un voisinage noir rende leur quartier moins sûr, moins attrayant, et que le niveau des écoles se dégrade. Aujourd’hui, une nouvelle « fuite blanche » se déroule parmi les classes moyennes et supérieures, en réaction cette fois à l’installation de familles d’origine asiatique dans leurs zones résidentielles huppées. D’un point de vue strictement financier, quitter un voisinage convoité en raison de sa sécurité, de son prestige et de ses écoles de haut rang n’a guère de sens. Mais les Blancs entendent préserver la place de leurs enfants au sommet de la hiérarchie méritocratique.
Sat Sep 5 14:07:46 2020 - permalink -
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